Voicimon analyse de la situation, suite au cuisant échec du MoDem aux élections
européennes. Je rédige ce texte un peu « à chaud », j’espère ne pas être trop négatif ! Mais il est vrai que la claque reçue est la hauteur des espérances mises dans ce parti, et
surtout, dans ces élections !L'Europe c'est ma patrie, et je trouve que l'on ne va pas assez loin dans
la construction européenne. Vivement un nouveau Schumann, un nouveau Adenauer, un nouveau Monet, un nouveau De Gasperi, un nouveau La Pira !
Depuis plusieurs mois, le Mouvement Démocrate a commencé sa campagne en vue des élections européennes. J'avais eu l'occasion de dire à des amis il y a quelques temps que c'est lors de ce scrutin
européen que nous verrons quelle est l'implantation réelle du Mouvement Démocrate sur la scène politique française. En effet de nombreux cadres de l'UDF n'ont pas voulu suivre François Bayrou
dans sa nouvelle organisation, préférant créer le Nouveau Centre (pour une partie d'entre eux). Nombreux sont les militants qui ont rejoint le MoDem dans la première année de sa création
répondant ainsi par l'affirmative à la mise en oeuvre de cette nouvelle manière de voir la politique.
C'est dans ce contexte que c'est ouverte la campagne européenne. Pour ma part j'ai pris beaucoup de joie à participer à la mise en oeuvre de cette campagne dans le Rhône en étant membre de la
commission Europe au niveau de notre fédération départementale. Ce fut pour moi l'occasion de rencontrer de nouvelles personnes et oeuvrer ainsi au succès électoral de notre parti... Le Mouvement
Démocrate est LE parti de l'Europe, LE parti issu des fondateurs de l'Europe. Il aurait donc été logique que le score obtenu au soir de ces élections soit brillant. Il n'en a rien été.
Il convient donc aujourd'hui de tirer les leçons de cet échec cinglant. Je vois plusieurs raisons à cela :
- Tout d'abord, une trop forte présidentialisation de la campagne. François Bayrou a fait le choix, d'axer la plupart de ses propos dans les media sur des attaques vis-à-vis de Nicolas Sarkozy.
Certaines étaient justifiées, d'autres non. Cela a eu comme conséquence une illisibilité du message sur ces élections. Il est vite devenu l'homme à abattre pour les partis de la majorité comme de
l'opposition. Cela est d'autant plus dommage que le programme proposé par le MoDem était ambitieux sur de nombreux points. Cela est d'autant plus dommage que lors des différents meeting auxquels
j'ai assisté, François Bayrou a toujours développé de vibrants appels à une Europe plus forte, plus rassembleuse, plus politique, et ce dans la lignée de la vision politique qui est la notre. En
clair, notre leader n'a pas su (pas pu ?) présenter ses idées dans les media nationaux.
- bien évidemment l'altercation avec Daniel Cohn Bendit a discrédité François Bayrou, et à travers lui les listes MoDem, en le faisant passer passer pour quelqu'un qui n'arrive pas à se maîtriser
(bien qu'il ne faille pas oublier qu'il a répondu à une insulte de DCB). Au cours de ce débat il s'est complètement fait destabilisé et n'as pas réussi à saisir l'occasion de présenter son
argumentaire.
- Bien évidemment, la campagne sur le terrain n'est pas irréprochable. Malgré l'engagement fort du groupe Europe, nous n'avons pas été assez présents au quotidien pour développer nos idées auprès
de nos concitoyens. Les tiraillements qui émaillent les relations entre certains responsables de notre mouvement départemental n'y sont sans doute pas étrangers...
- et enfin, je voudrai dire un mot sur le choix des listes. J'ai été sceptique dès le départ sur cette "équipe de France" qui allait tout gagner (et finalement, c'est comme au foot, on a la
meilleure équipe sur le papier, mais on perd). Les réactions de Corine Lepage ou Jean-François Kahn ne me paraissent pas être les plus opportunes. Je répondrai à Corine Lepage que notre mouvement
n'est pas et n'a pas à être un nouveau parti écologiste ! Cela n'empêche pas le présence dans nos valeurs et nos idéaux d'un attachement fort à la préservation de l'environnement et au
développement durable. Quant à Jean-François Kahn qui annonce aujourd'hui ne pas aller siéger au Parlement, je trouve que ce n'est pas correct vis à vis des électeurs qui lui ont fait confiance.
Pourquoi est-il venu se mettre tête de liste alors ? Le point positif est que Nathalie Griesbeck retrouve son fauteuil, c'est une bonne chose pour tous les européens.
Je pourrai également évoquer la diffusion du film Home, dont le réalisateur est heureux qu'il ait contribuer à gonfler les voix d'Europe Ecologie; je pourrai aussi éviquer la trop forte
abstention, toujours inquiétante dans une démocratie.
Mais malgré tout cela, je garde espoir dans le Mouvement Démocrate. Je reste convaincu que notre parti est promis à un bel avenir. Pour cela, il faut prendre le temps de se reconstruire, dans la
serénité, loin des media et des enjeux de pouvoir.
Ainsi seulement nous arrivons à convaincre nos électeurs que nos valeurs et nos idées valent la peine d'être encouragées et soutenues.